Pour une gestion publique de l'eau à laquelle les usagers-citoyens puissent comprendre quelque chose...

lundi 23 février 2009

Les Trois Sœurs prennent-elles l'eau?

Nous ne sommes pas des experts en finances. Et puis, se réjouir de la déconfiture de grandes entreprises privées à qui l'on a, en France, confié, depuis longtemps, la gestion d'un service public essentiel, ne nous apporterait rien. La question que nous posons n'est pas comment peuvent mourir des activités qui nous sont indispensables mais comment en transférer la responsabilité aux pouvoirs publics, en charge de l'intérêt général (ce qui, entre parenthèses, n'est pas toujours garanti, d'où l'urgence de la vigilance citoyenne...).

Mais tout de même, il nous faut connaître et tenter d'analyser, même succinctement, quelques données bancaires qui donnent à penser que tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des marchés possibles! Les chiffres bougent sans cesse et c'est la tendance qu'il faut examiner...

Le 24 février, à 15h.30, les Trois Sœurs, en fluctuation constante, étaient ainsi cotées au CAC 40 :
Véolia-environnement : 15,54
Séché-environnement : 42,00.
Suez-environnement Company (sic) : 11,845.



D'un jour sur l'autre, elles étaient encore en recul :
Véolia-environnement : -1,30%.
Séché-environnement : -2,33%.
Suez-environnement Company : +0,30%.



Mais ceci n'est rien. Depuis le 1er janvier 2009, ce n'est pas fameux...
Véolia-environnement : -30%.
Séché-environnement : -2,33%.
Suez-environnement Company : -1,70%.



Est-ce à dire que seule Véolia plonge? Pas sûr! Depuis un an, les Trois Sœurs coulent ensemble:
Véolia-environnement : -73,79%, (de 59,84 l'action à 15,54)
Séché-environnement : -58,18%, (de 100,5 l'action à 42)
Suez-environnement Company : -34,53%, (de 19,95 l'action à 11,84)



Ces très mauvais résultats en Bourse ne signifient pas que ces immenses entreprises soient au bord de la faillite. Cela veut simplement dire que "les affaires vont mal". Et quand une entreprise a du mal à satisfaire ses actionnaires, elle devient de plus en plus fragile. Bref, la superbe des patronnes du service de l'eau en France n'est plus de mise. Il devient de plus en plus difficile de le prendre de haut devant les exigences des usagers.



En outre quelques considérations nouvelles alourdissent la charge de ces Trois Sœurs qui ne font plus la pluie et le beau temps! D'abord, l'eau potable vient à manquer sur la Terre, et sans que la situation soit celle que connaît aujourd'hui l'immense Australie où le feu ravage les champs et les forêts, on peut dire qu'une gestion plus prudente de l'eau douce va affecter l'agriculture, trop habituée à puiser sans compter dans les ressources, bref il y aura moins d'eau à "vendre"! Ensuite, la pollution des eaux, due à la négligence des entreprises et des agriculteurs va exiger des traitements supplémentaires qui vont peser sur les investissements à opérer, ces prochaines années. Enfin, en plus du réchauffement climatique et des pollutions subies, la remise en état des réseaux aux normes européennes va coûter cher, très cher. Est-ce à dire que les "délégataires" vont pouvoir mettre l'essentiel de ces dépenses sur le dos des consommateurs?

Non, il faut considérer que les mêmes causes produisant les mêmes effets, la gestion de l'eau, comme celle du pétrole et autres richesses naturelles, dans une économie du "toujours plus", va rencontrer des limites infranchissables. À nous de jouer...



Voici l'exemple de Véolia-environnement, tel que le fournit le site Boursorama, ce jour. On peut y lire les variations de la cote depuis... 5 ans.
http://www.boursorama.com/cours.phtml?symbole=1rPVIE




1 commentaire:

benny a dit…

J'approuve tout à fait l'idée selon laquelle les pouvoirs publics ne garantissent pas toujours, loin de là, l'intérêt général. Les élus ne semblent pas mesurer la responsabilité qui leur incombe. La collusion des élus avec certaines firmes (comme au SEDIF, pour ne pas citer d'exemple) peut rendre pessimiste sur une gestion purement publique. Est-ce qu'on y gagnerait ? En tout cas, ce qui paraît nécessaire de façon urgente, c'est plus de transparence, plus d'infos sur la gestion de l'eau. Que ce soit dans un contexte de concurrence entre firmes ou dans un contexte de régie directe, les responsables de la gestion de l'eau doivent être comptables de leurs décisions devant les usagers de l'eau.