Pour une gestion publique de l'eau à laquelle les usagers-citoyens puissent comprendre quelque chose...

mardi 15 juin 2010

Pollution de l'eau. L'enjeu : nos vies mises en jeu ?

Un document qui donne à penser. AGLEAU s'en saisit.

Pollution de l'eau :

l'Etat doit mettre au pas l'agriculture industrielle

Publié par : LEMONDE.FR
Le : 15.06.10

Auteur : Isabelle Autissier, présidente du WWF France

Dans son rapport annuel 2010, la Cour des comptes vient une nouvelle fois d'épingler "l'insuffisante volonté de l'Etat de remettre en cause des pratiques agricoles marquées par l'encouragement au productivisme et le choix d'une agriculture intensive". Cela a valu à l'Etat plusieurs condamnations, aux niveaux national et européen, la dernière concernant l'affaire des algues vertes. Et avant la fin de l'année, la France risque d'être une nouvelle fois condamnée pour son non-respect de la directive nitrates. La situation est telle que le Conseil d'Etat est allé jusqu'à reconnaître, dans un rapport publié début juin (L'eau et son droit), que "la sanction communautaire est le seul levier efficace pour surmonter le poids conjugué des intérêts économiques ou catégoriels et de l'inertie descollectivités publiques face à eux, Etat et collectivités territoriales".

Le documentaire Du poison dans l'eau du robinet diffusé le 17 mai sur France 3 a jeté un trouble sur l'information relative à la qualité de l'eau potable distribuée en France. Il soulève surtout la question des pollutions en amont : comment croire que l'on va pouvoir traiter indéfiniment, à un coûtacceptable pour la société, les eaux brutes qui sont le réceptacle de toutes nos pollutions ?

Qu'en 2008, 75 % des restrictions de consommation d'eau, sur le seul critère des pesticides, aient été concentrées dans la Seine-et-Marne et l'Eure-et-Loir n'est pas une surprise : ces deux départements arrivent en tête au niveau national pour la production intensive de grandes cultures céréalières. En raison de coûts de production particulièrement élevés dus à l'achat important d'intrants (nitrates, pesticides…), ce mode de production ne serait pas tenable s'il n'était largement subventionné par la politique agricole commune (PAC). C'est donc à l'aide de l'argent du contribuable que l'eau de ces départements est contaminée.

IL EST TEMPS DE SORTIR DE LA "COGESTION" ENTRE LE MINISTÈRE DE L'AGRICULTURE ET LA FNSEA.

Hélas ! Il n'y a rien ici de nouveau : la première interdiction de distribution d'eau potable à cause des nitrates remonte à… 1976. C'était il y a trente-quatre ans… Qu'a-t-on fait depuis ? En 1980, le rapport Hénin désignait l'agriculture intensive comme responsable d'une "pollution diffuse" en participant largement à la dégradation de la ressource en eau. Depuis, les rapports se sont accumulés, toujours plus accablants. En 2001, soit vingt et un ans plus tard, le rapport Villey-Desmeserets concluait que "la contamination des cours d'eaux surveillés est générale". Pourtant les gouvernements successifs n'ont pas remis en cause le modèle agro-industriel.

Plus précisément, les pouvoirs publics n'ont fait que tenter d'atténuer à la marge les "dommages collatéraux" de l'agriculture industrielle. Ils ont surtout misé sur des traitements curatifs de plus en plus coûteux pour parvenir à transformer une eau de plus en plus polluée en eau potable.

Un exemple : 200 millions d'euros au minimum pour régler le problème de l'eau potable dans le seul département de l'Eure-et-Loir. Pour préserver l'eau face aux pollutions agricoles, ce sont 310 millions d'euros qui ont été alloués, sans résultats probants, pour la seule Bretagne entre 1993 et 2000 et, au niveau national, 493 millions d'euros sont prévus au titre de la lutte contre les pollutions agricoles par les agences de l'eau entre 2007 et 2012… Il faut savoir que ces coûts sont supportés par les ménages, en contradiction avec le principe du pollueur-payeur, ce que la Cour des comptes a dénoncé à plusieurs reprises. Le Conseil d'Etat vient de lui emboîter le pas, de manière très sévère, appelant à une étude sur le coût de la pollution ainsi qu'à une application nettement plus rigoureuse du principe pollueur-payeur à l'agriculture avec notamment l'instauration d'une taxe sur les nitrates.

Ainsi, le contribuable, après avoir subventionné des pratiques polluantes, paie pour la dépollution puis les condamnations ! On marche sur la tête ! Les récents propos de M. Le Métayer affirmant que "la pause environnementale ne coûtera pas d'argent" sont aussi faux qu'irresponsables. Ils auraient en outre pour résultat de maintenir les agriculteurs dans un système dont ils sont autant victimes qu'acteurs, comme maillon d'une chaîne de production qui les dépasse et qui les a conduits dans une impasse économique, sociale et écologique. Ces propossont d'autant plus irresponsablque les études scientifiques pointant les dangers des produits phytosanitaires pour la santé des agriculteurs s'accumulent.


ÉLABORER UN NOUVEAU CONTRAT SOCIAL AVEC LES AGRICULTEURS

Pourtant l'Etat continue de subventionner majoritairement les pratiques agricoles intensives. Les premières réorientations du Grenelle et du plan Barnier sont à encourager mais restent insuffisantes. Alors que l'alerte est donnée depuis maintenant trente ans, il y a, comme pour l'amiante, une volonté de nier la gravité du problème et de ne pas s'attaquer à sa cause première : l'agriculture industrielle. Pourtant d'autres modèles agricoles existent et ont déjà fait leurs preuves. Ils sont bénéfiques pour l'environnement, l'emploi et le revenu des agriculteurs et sont pratiqués par des dizaines de milliers
d'agriculteurs en France.

La responsabilité des gouvernements successifs est lourde. Devant tant d'incohérences, le WWF demande une commission d'enquête parlementaire sur la gestion du service public de l'eau au regard des pollutions agricoles diffuses, un rapport de la Cour des comptes sur la responsabilité des pouvoirs publics et le coût supporté par les Français depuis 1980 du fait de leur carence, un rapport exhaustif sur les aides publiques dommageables à l'environnement ainsi qu'un Grenelle de l'Eau, l'eau ayant été la grande oubliée du Grenelle de l'environnement.


Il est grand temps de dire la vérité aux Français et aux agriculteurs, de sortir de la "cogestion" entre le ministère de l'agriculture et la FNSEA, de cesser de gaspiller les deniers publics et d'élaborer un nouveau contrat social avec les agriculteurs, basé sur la reconnaissance ainsi que la rémunération des services environnementaux qu'ils rendent à la société toute entière.

Le ministre de l'agriculture qui saura initier la remise en cause du modèle agricole industriel s'inscrira comme un grand ministre de l'agriculture, sinon il viendra s'ajouter à une liste déjà longue de responsables d'une situation alarmante. La position de la France pour la prochaine réforme de la PAC, et la place qui sera donnée à la protection et la gestion des ressources naturelles, témoignera de la volonté du gouvernement de mettre fin – ou non – à l'incohérence entre politique de l'eau et politique agricole et à ce qui constitue depuis trente ans un scandale d'Etat.



dimanche 13 juin 2010

Le "droit à l'eau" : comment faire payer les usagers !

Nous sommes au bord de l'eau. On va nous y pousser. Puissions-nous ne pas nous y noyer.
Ci-dessous des quelques bouées.
AGLEAU




Droit à l’eau : le dossier d’Eaux glacées
par Marc Laimé, 14 juin 2010

Eaux glacées a suivi les débats et travaux qui se sont succédés durant plus de trois ans autour de la question complexe et alambiquée du « droit à l’eau ». Ce concept généreux avait été inscrit dans la loi sur l’eau du 30 décembre 2006, sans pour autant recevoir le début d’une application concrète. Trois ans plus tard force est de constater que les intérêts égoïstes l’ont emporté sur les grands principes dont se parent les promoteurs du « droit à l’eau ». Le dossier ci-après permet de suivre toutes les étapes de ce qui demeurera comme un triomphe des lobbies et du cartel de l’eau. Car pour qui veut lire, aucune équivoque. Veolia, Suez et Saur ont dicté leur loi au politique dans cette affaire. Ils entendaient bien faire payer aux usagers, et aux seuls usagers, la prise en charge des plus démunis, indispensable par ailleurs, face au poids grandissant de la facture d’eau pour les populations en situation de précarité. A cette aune, puisque le projet de loi qui prévoit de faire supporter aux seuls usagers, à hauteur de 80 à 100 millions d’euros par an, le coût de cette mesure doit être examiné à la rentrée prochaine, continuer à parler de « droit à l’eau » dans ces conditions relève de l’imposture.

Tous les acteurs de cette sinistre farce vont continuer à nous enfumer jusqu’à la rentrée et l’examen du projet de loi au Parlement, en nous assurant, la main sur le coeur, que "Mme Jouanno s’est engagée à faire passer le volet préventif de la loi, et donc à permettre que les ménages dont la facture excéderait 3% de la capacité contributive soient aidés..."

C’est ici que gît l’imposture.

L’idée d’une action préventive et d’un seuil de 3% des revenus découle des travaux de l’Obussas, qui prévoyaient la création d’un fonds destiné à alimenter la prise en charge préventive des foyers dont la facture excédait 3% des revenus, un fonds qui devait nécessairement être abondé par toutes les parties intéressées : services d’eau, publics comme privés, collectivités, et bien sur Veolia, Suez et Saur.

Au lieu de quoi ce financement du volet préventif va être supporté par les seuls usagers !

Déjà ponctionnés par la loi Oudin-Santini, pour ce qui concerne l’aide aux pays pauvres, selon le même principe.

Et bien entendu sans que jamais les dits usagers aient le moindre mot à dire.

Il s’agit donc ici d’une véritable forfaiture, et l’on ne dénoncera jamais assez la véritable escroquerie intellectuelle qui est au fondement de cette arnaque.

Pour s’en convaincre, suivre le feuilleton ci-après dont les étapes successives de 2007 à 2010 permettent d’apprécier à quel point le mensonge est consubstantiel aux menées de cette bande de brigands.

Trois ans de débats sur le "droit à l’eau"

Pour un droit à l’eau effectif

Les eaux glacées du calcul égoïste, 29 mars 2007

Droit à l’eau : le rôle des municipalités et des collectivités territoriales

Les eaux glacées du calcul égoïste, 31 mars 2007

Droit à l’eau : un tribunal administratif valide un arrêté « anti-coupures »

Les eaux glacées du calcul égoïste, 4 juin 2007

Belgique/France : deux approches du service public de l’eau

Les eaux glacées du calcul égoïste, 22 juin 2007

Tarification sociale de l’eau, le combat continue

Les eaux glacées du calcul égoïste, 27 juin 2007

Tarification sociale de l’eau : le rapport étudié par la FNCCR

Les eaux glacées du calcul égoïste, 3 juillet 2007

Droit à l’eau : les ambiguïtés françaises

Carnets d’eau – Le Monde diplomatique, 11 octobre 2007

Gestion de l’eau (5) : les pauvres et l’eau

Les eaux glacées du calcul égoïste, 7 mai 2008

Décret autorisant les coupures d’eau : les mauvais coups se font en été

S-eau-S, 8 octobre 2008

La tarification sociale de l’eau, mode d’emploi

Les eaux glacées du calcul égoïste, 1er janvier 2009

Polémique sur la tarification sociale de l’eau

Les eaux glacées du calcul égoïste, 12 janvier 2009

Tarification sociale de l’eau : un mémoire de fin d’étude à l’échelle du basin Seine-Normandie

Les eaux glacées du calcul égoïste, 20 mars 2009

Plaidoyer pour le droit à l’assainissement en France, par Henri Smets

Les eaux glacées du calcul égoïste, 11 mai 2009

L’Observatoire du SIAAP propose un véritable tarif social de l’eau

Les eaux glacées du calcul égoïste, 12 juin 2009

Tribune : bientôt une loi contre le droit à l’eau ?

Les eaux glacées du calcul égoïste, 16 septembre 2009

Tarification sociale de l’eau : S-Eau-S dénonce le scandale de l’actuel système « d’aide »

Les eaux glacées du calcul égoïste, 16 septembre 2009

Droit à l’eau : les 12 propositions de la Coalition Eau

Les eaux glacées du calcul égoïste, 17 septembre 2009

Le droit à l’assainissement dans seize pays

Les eaux glacées du calcul égoïste, 26 octobre 2009

Manifeste pour la mise en oeuvre du droit à l’eau

Les eaux glacées du calcul égoïste, 28 octobre 2009

Droit à l’eau : de la loi aux actes

Les eaux glacées du calcul égoïste, 16 décembre 2009

Tarification sociale de l’eau : l’UMP, Veolia et le Sedif contre les pauvres

Les eaux glacées du calcul égoïste, 8 février 2010

Tarification sociale de l’eau : les pauvres vont payer pour les riches

Les eaux glacées du calcul égoïste, 12 février 2010

Le « Grenelle 2 » enterre le « droit à l’eau pour les plus démunis

Les eaux glacées du calcul égoïste, 6 mai 2010

Colossale arnaque sur le « droit à l’eau »

Les eaux glacées du calcul égoïste, 13 juin 2010

vendredi 11 juin 2010

Une exposition que nous accueillerons bientôt !

L’eau en Île-de-France :

L’exposition au Festival de l’Oh ! du Val-de-Marne

une exposition itinérante

12 juin 2010

par Marc Laimé - eauxglacees.com

Inaugurée ce week-end à Champigny-sur-Marne, l’une des escales du Festival de l’Oh ! du Val-de-Marne, cette exposition a été conçue par les usagers qui ont créé la Coordination eau Ile-de-France, afin de sensibiliser différents publics aux enjeux de l’eau en Île-de-France.

Plusieurs millions de Franciliens sont concernés, mais ignorent tout de la gestion de l’eau en Ile-de-France, à laquelle participent une multitude d’acteurs. La question de l’eau figure pourtant au rang des premières préoccupations des Français, de plus en plus sensibles aux enjeux environnementaux. Les usagers aspirent à une gestion soutenable et équitable de cette ressource essentielle, et se la réapproprient de plus en plus massivement dans leur pratique quotidienne. Ils économisent l’eau, s’interrogent sur son prix, redécouvrent les berges des fleuves et les loisirs aquatiques.

L’exposition vise à permettre aux usagers de l’eau de mieux comprendre les enjeux multiformes de sa gestion, afin de pouvoir y participer.

Il s’agit de s’adresser au public le plus large, à partir de la sensibilisation diffuse qui existe déjà en faveur d’une gestion publique et de la préservation de l’eau. Mais il ne s’agit pas d’en rester là ! Il faut arriver aux questions qui fâchent, à la vérité qui dérange, aux idées qui seront les leviers de l’action publique de demain.


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Présentation de l’exposition


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Les objectifs de l’exposition

Le collectif Argos, un groupe de photographes déjà sensibilisés à la question de l’eau, a réalisé une dizaine de reportages pour illustrer chacune des problématiques retenues :

- les acteurs de l’eau en Ile-de-France.- les différents usages de l’eau.

- l’eau potable.

- l’assainissement.

- les eaux de pluie.

- qualité de l’eau et pollution.

- le prix et la tarification de l’eau.

- la Seine et la Marne.

- sécheresse et inondations.

- gestion publique ou privée ?

- le rôle des usagers.

- les défis du futur.

L’exposition, produite par l’atelier Corbin, se présente sous forme de bâches souples, maintenues et lestées par des barres d’aluminium. Elle comprend un panneau de présentation de 2 mètres de hauteur et 1 mètre de large, puis se décline en panneaux de formats différents : 1,20m de large sur 1m de haut ; 2m de large sur 2m de haut ; 4m de large sur 2m de haut. Ce qui donne une grande souplesse de scénographie.

A la demande des collectivités partenaires, la Coordination va utiliser l’exposition pour soutenir différentes interventions : conférences, débats, sessions de formation, élaboration de projets d’animation territoriaux…

L’exposition au Festival de l’Oh ! du Val-de-Marne

L’exposition est visible jusqu’au dimanche soir 13 juin à l’escale de Champigny du Festival de l’Oh ! du Val-de-Marne.

Pour s’y rendre en transports en commun depuis Paris, prendre par exemple le RER A à Nation, direction Boissy-Saint-Léger et descendre à la station Champigny.

Traverser le pont sur la Marne face à la sortie du RER, puis de l’autre côté du pont, sur la gauche, descendre sur les rives de la Marne, puis marcher 5 minutes pour rejoindre l’escale de Champigny du Festival de l’Oh !

L’escale et l’exposition sont juste à côté du Parc technologique des Bords de Marne.

Contact :

Jean-Claude Oliva, président de la Coordination Eau Ile-de-France

Mel : oliva@internatif.org

Tel : 06 22 72 25 59

mardi 18 mai 2010

Veolia, maître du jeu politique et du marché de l'eau

Le 17 mai, FR3 présente une émission qui met en question la qualité de l'eau distribuée au robinet en certaines régions de France. Véolia, invité, refuse de participer au débat qui suit. Les abonnés reçoivent ou vont recevoir un courrier rassurant de la part du service communication de Véolia.

Dès le lendemain, avant même que le SEDIF ne réunisse son comité, la presse annonce que Véolia est désormais seul en lice pour obtenir, le 24 juin prochain, la DSP la plus juteuse qui soit en Europe.

La température de l'eau monte. Quand va-t-elle bouillir et faire pression ?

Dans toute l'Ile de France (et ailleurs !) Véolia domine bien le "marché" de l'eau, cette eau dont tout le monde admet qu'elle n'est pas une marchandise ! Il est bien compréhensible que nous nous inquiétions de ce monopole géant qui s'étale y compris au-delà des 144 communes du SEDIF (au sein des 12 communes de l'Agglomération de Cergy Pontoise, par exemple!). Ce qui ne l'est pas, c'est que nos élus n'y trouvent aucun sujet d'inquiétude !

Eau-Ile-de-France à laquelle AGLEAU est associée saisit l'opinion et appelle à exiger un service de l'eau moins... trouble à tous égards.

La Coordination Eau Île-de-France communique :

"L'annonce du choix de Veolia comme délégataire du SEDIF par le journal Les Echos, intervient au lendemain d'une émission télévisée sur la pollution de l'eau où la multinationale ne s'est pas montrée très convaincante sur ses compétences dans ce domaine. S'agit-il alors de rassurer les actionnaires dans la crainte d'une nouvelle chute en bourse du titre ?

L'entreprise a accumulé une dette de 19 milliards d'euros... En tout cas,c'est la première fois qu'un opérateur annonce plus d'un mois avant la décision officielle, qui interviendra le 24 juin, qu'il a remporté le marché!

Ce n'est pas une surprise tant la collusion entre le SEDIF et Veolia est patente. Une anecdote en dit long: en juillet 2008, M. Santini, président du SEDIF écrit à toutes les communes sur papier à en tête de Veolia ! L'annonce prématurée va-t-elle encore fragiliser une procédure qui depuis le début se déroule dans la précipitation et l'opacité?

Le 11 décembre 2008, le vote sur le choix de principe entre régie publique et la délégation, de service public, tel que le veut la loi Sapin, a été escamoté. C'est d'ailleurs l'objet d'un recours de la Coordination Eau Île-de-France devant le tribunal administratif de Paris, dont le jugement devrait être rendu début juin.Le cahier des charges a été adopté en avril 2009 dans des conditions rocambolesques (les délégués ont eu une semaine pour feuilleter le volumineux document au siège du SEDIF, sous la surveillance d'un membre du personnel). Depuis les délégués n'ont plus eu aucune information. Et aujourd'hui, ils apprennent le résultat dans la presse. Si j'étais élu, je crois que cela m'énerverai un peu! Il y a un problème démocratique aigu : le président et ses affidés du bureau concentrent un pouvoir exorbitant. Le comité syndical n'est qu'une chambre d'enregistrement!

Quel est le périmètre du SEDIF? Personne ne peut dire si le retrait de la communauté d'agglomération Est-Ensemble, qui représente 9 communes et 400000 habitants, soit 10% du SEDIF, sera définitif. Mais d'ores et déjà, onvoit que la gestion non consensuelle de M. Santini menace l'existence mêmedu SEDIF.

L'UFC Que Choisir avait dénoncé des "surfacturations" de 85 à 90 millions d'euros sur un contrat annuel de 350 millions. Les audits officiels du SEDIF ont reconnu qu'il était possible de réaliser 40 à 45 millions d'euros d'économies chaque année. Ce sont des sommes énormes. La Coordination Eau Île-de-France exige le remboursement des sommes indûment perçues par Veolia, au minimum 200 millions d'euros pour les cinq dernières années. Elle exige une baisse conséquente du tarif de l'eau, de l'ordre de 30 à 40%. Elle appelle les usagers d'Île-de-France à se rassembler le 24 juin prochain à l'usine du SEDIF de Choisy-le-Roi pour continuer à se faire entendre!"

Jean-Claude Oliva
président de la Coordination Eau Île-de-France

jeudi 13 mai 2010

Ça bouillonne et grenouille autour d'une émission de FR3

Une soirée qui fait du bruit : "Du poison dans l’eau du robinet" -

( Un film de Sophie Le Gall - Durée : 90’ - Diffusion : Lundi 17 mai 2010 à 20h35 sur France 3)

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Le fait de dénoncer, à juste titre, la présence massive de substances polluantes de toute nature et de toute origine dans le milieu naturel, et donc dans les eaux de surface et les eaux souterraines utilisées pour fabriquer de l’eau potable, ne doit pas conduire à opposer artificiellement eau en bouteille et eau du robinet, ni à recommander, toutes affaires cessantes, de faire l’acquisition de « filtres » ou de « carafes filtrantes », dont les seuls mérites sont de faire la fortune des petits, et gros, malins qui les commercialisent…

Un livre hilarant, mais le poison, dans l'eau à boire, ce n'est pas drôle du tout !

Les eaux embouteillées, « minérales » ou « de source », proviennent de sources ou de nappes profondes, peu ou pas encore polluées, mais qui finiront par l’être tôt ou tard, à mesure de la propagation des substances polluantes en provenance de la surface dans le sous-sol.

Les villes reçoivent dans une très grande majorité une eau du robinet de bonne, voire de très bonne qualité, soit parce que leurs captages ne sont pas trop pollués, soit parcequ’ils sont bien protégés depuis longtemps, comme à Lons-le-Saunier par exemple.

Et surtout parce qu’elles ont mis en œuvre, qu’il s’agisse d’un service en régie publique ou d’un service confié à une entreprise privée spécialisée du secteur, comme Veolia, Suez et Saur, des techniques de fabrication de l’eau potable adaptées à la qualité des eaux brutes que l’on utilise pour la produire.

Le problème c’est que ces technologies de traitement doivent être de plus en plus sophistiquées, et donc de plus en plus coûteuses, puisque les eaux de surface ou souterraines utilisées pour fabriquer de l’eau potable sont de plus en plus polluées, par des produits d’origine agricole comme les pesticides, mais aussi par toutes les substances chimiques que nous rejetons dans l’environnement, ainsi que les résidus de médicament, et enfin par les innombrables sous-produits de leur dégradation progressive dans l’environnement, appelés « métabolites ». Sans parler des « effets cocktail » induits par la décomposition-recomposition de ces milliers de substances…

Alors c’est vrai, il y a une énorme différence de la qualité des eaux brutes, qui entraîne d’énormes différences de traitement. Si l’on utilise une eau pure qui vient des Alpes comme à Grenoble, on peut quasiment se borner à la filtrer sur un lit de sable avant qu’elle ne soit potable.

En revanche, si on utilise une eau brute qui est très fortement polluée par des produits phytosanitaires, des métaux lourds, des médicaments…, il faudra déployer toute une gamme de traitements, jusqu’à l’ozonation, les ultra-violets, l’osmose inverse, l’ultra-filtration, et rajouter aussi du chlore supplémentaire, pour vérifier que l’eau produite ne se dégrade pas lorsqu’on l’achemine jusqu’au robinet du consommateur, parceque les canalisations ne seraient pas en bon état…

Et là il y a un vrai problème aujourd’hui : une collectivité importante pourra se payer une nouvelle usine qui va utiliser ces traitements, mais çà va coûter facilement 3 à 5 millions d’euros pour une ville de 10 000 habitants, et donc les petites communes rurales, par principe les plus polluées par les pesticides par exemple, ne pourront pas s’en doter…

On ne peut donc pas généraliser. Ce qui est sur, c’est qu’on est en droit, puisque c’est ce que prévoit la réglementation, d’exiger une eau de qualité qui coule au robinet en étant conforme aux normes de potabilité, et qui coûte accessoirement de 30 à 200 fois moins chère que l’eau en bouteille !

D’ailleurs, en dépit des affirmations d’un marketing très au point, l’eau en bouteille pollue aussi, tant au stade de sa fabrication (filtration, dégazage, minéralisation…), qu’ensuite par l’impact de son emballage et de son transport.

L’important c’est donc de ne pas se tromper complètement de débat, en opposant, comme c’est la facilité, l’eau en bouteille à l’eau du robinet.

Une eau de qualité, on l’obtiendra à un coût supportable le jour où l’on se décidera à prendre à bras le corps le problème de la dégradation continue des ressources en eau brute, qui sont aujourd’hui gravement polluées essentiellement par des produits phytosanitaires utilisés dans l’agriculture, et par les rejets de milliers de produits chimiques dans l’environnement naturel, dont on connaît encore très mal l’impact sur la santé humaine, en dépit du lancement de nombreux programmes de recherche ces dernières années, en France et en Europe.

Nous aurons une eau de qualité à un prix raisonnable le jour où nous aurons une agriculture et une chimie de qualité, qui ne polluent pas l’environnement de manière déraisonnable.

Mais il y a un prix à payer, celui de l’évolution d’un modèle agricole productiviste vers un autre agriculture respectueuse de l’environnement. Et il ne faut pas se raconter d’histoires. Il n’y a pas d’un côté les méchants agriculteurs pollueurs et de l’autre les gentils écolos ! Nous sommes tous peu ou prou responsables de cette dérive vers le productivisme, ne serait-ce que parce que nous n’avons suffisamment combattus les gouvernements qui ont tous laissé faire depuis 50 ans.

Accompagner le monde agricole vers un nouveau modèle, ça concerne tout le monde, et on va tous devoir y contribuer, y compris financièrement.

Pour l’instant, hélas, nous préférons nous voiler la face et combattre la pollution de l’eau, ce qui a un coût exorbitant, au lieu de la prévenir, comme l’a dénoncé en février dernier un rapport très sévère de la Cour des comptes sur la politique de l’eau française.



mercredi 5 mai 2010

Du poison dans l'eau du robinet.

L'eau du robinet est meilleure et moins chère que l'eau minérale en bouteilles plastique.
Et pourtant, ça se dégrade...

Un film de Sophie Le Gall le démontre.

Lundi 17 mai 2010 à 20h35 sur France 3

L'eau du robinet est-elle potable ?

Sans le savoir, des millions de Français boivent une eau trop chargée en aluminium, nitrates, pesticides, médicaments et en radioactivité. Dans certains cas, l'eau est même non-conforme aux
normes de précautions sanitaires. Ce danger invisible menace les foyers et lasanté des Français, des plus jeunes aux plus âgés. Munie d'une valise multimédia équipée d'éprouvettes, Sophie Le Gall, la réalisatrice de ce documentaire d'investigation a parcouru la France pour recueillir les preuves de la contamination et interpeller les autorités.

Résultats de son enquête ?

Dans le Centre et en Ile-de-France, l'eau du robinet regorge de pesticides ou de nitrates, ces traitements chimiques qui sont soupçonnés d'être à l'origine de cancers. Les autorités le savent mais elles délivrent régulièrement des dérogations qui permettent de distribuer une eau qui dépasse les normes pesticides ou nitrates.


Dans des villages d'Auvergne ou à Saint-Etienne, les habitants boivent une eau blanchie avec de la poudre d'aluminium qui pourrait déclencher la maladie d'Alzheimer. Les doses dépassent largement le seuil de risque fixé par certains scientifiques, mais les autorités ignorent les dangers de ce neurotoxique.


Du poison pour les poissons !

La réglementation fait, par ailleurs, l'impasse sur le radon, ce gaz hautement radioactif, présent dans l'eau potable de plusieurs villages du Limousin. Résultat, des habitants boivent une eau chargée en radon sans en être informés.

Depuis quelques années, des citoyens et des scientifiques isolés tirent la sonnette d'alarme sur ces toxiques qui coulent de nos robinets. Partout, en France, l'eau potable charrie désormais des résidus médicamenteux : antiépileptiques, aspirine, antidiabétique. Nul ne connait l'impact sur la santé des populations exposées. Pour décontaminer l'eau potable des Français, il faudrait bâtir des usines pour éliminer nitrates et pesticides, investir pour filtrer les molécules de médicaments, protéger les réserves d'eau des pollutions... Mais les communes et les grandes compagnies de distribution de l'eau ne souhaitent pas que de nouvelles règles viennent compromettre leurs affaires. En tant pis si les Français trinquent à leur santé.

Le documentaire sera suivi d'un post-scriptum présenté par Marie Drucker.
Cette partie est un prolongement du film, un lieu de discussions avec auteur,réalisateur, témoin ou expert, pour que les téléspectateurs puissent se forger leur propre opinion.

http://www.monblog.ch/uploads/200609142309425/evier.jpg
"pourvu qu'ça dure... !"



dimanche 2 mai 2010

Elle est salée, l'eau potable en Ile-de-France!


Les Amis de la Terre Montreuil http://atmontreuil.canalblog.com/

Mardi 6 mai
Bistro du Marché, Montreuil.
19h30-...

Êtes-vous eau courant...
le plus grand marché de l'eau d'Europe se trouve ici, en Ile-de-France.

Le Syndicat des Eaux d'Ile-de-France regroupe pas moins de 144 communes; le chiffre d'affaire pour la distribution de l'eau potable s'envole à 350 millions d'euros par an, et assure des marges de bénéfices juteuses pour les actionnaires, mais très salées pour les usagers! Depuis 1923, ce marché est confié, à des conditions particulièrement avantageuses, à une multinationale.

Aujourd'hui, dans un contexte de crise écologique et économique, l'augmentation du coût des factures pèse sur un nombre croissant de foyers franciliens. Crée en décembre dernier, S.eau.S Ile-de-France est un collectif de citoyens, qui agit pour une gestion publique, transparente et équitable de l'eau potable en Ile-de-France.

Avec créativité et humour, S.eau.S intègre les initiatives des nombreux élus, citoyens et association, mobilisés actuellement autour du renouvellement du contrat de gestion du SEDIF.

La communauté d'agglomération Est-ensemble, dont Montreuil fait partie, peut jouer un rôle particulier dans ce combat...

Pour s'informer et échanger,
nous raconter et simplement nous rencontrer,
rendez-vous à l'apéro'
au bar du marché!*

Où?
Le bistro du Marché, M°Croix de Chavaux à Montreuil, 9 place du Marché.

Petite salle du fond au premier étage


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Collectif S.eau.S Ile-de-France http://seaus-idf.blogspot.com/