Pour une gestion publique de l'eau à laquelle les usagers-citoyens puissent comprendre quelque chose...

mercredi 6 juillet 2011

Déclaration de Créteil


http://www.fame2012.org/fr/



Déclaration de Créteil adoptée lors de la journée de dialogue franco-indien du 17 juin 2011*


« Avec la reconnaissance du droit à l'eau par l'Assemblée générale des Nations Unies, une nouvelle étape du combat pour que chaque être humain dispose d'eau en quantité et en qualité suffisantes est ouverte. Il s'agit maintenant de rendre ce droit effectif.


A cette pensée unique, nous voulons substituer la pluralité des voix de l'eau, celles des femmes, des communautés locales, des associations, des élus, qui s'expriment avec de plus en plus de force dans le monde entier, à l'exemple du peuple italien avec le référendum. Au marché de l'eau, nous voulons substituer la pluralité des alternatives qui font appel aux savoirs traditionnels comme aux techniques innovantes, dans un rapport nouveau à la population. Alternative d'une gestion publique renouvelée, forte de la participation de la population et des salariés. Alternative écologique au modèle industriel de gestion de l'eau et de l'assainissement. Alternative politique aussi car comme dit le forum italien des mouvements de l'eau : « cela s'écrit eau, cela se lit démocratie ».

Il y a urgence à changer de modèle car avec le changement climatique de nouvelles menaces pèsent : sécheresses, inondations, mais aussi concurrence accrue entre les usages : la quête éperdue d'énergie pour préserver à tout prix la société de consommation risque d'épuiser l'eau.

L'agriculture industrielle mondialisée génère 40% des gaz à effet de serre responsables de l'instabilité du climat. Très sensible au changement climatique, elle conduit à l'insécurité alimentaire. De plus, l'irrigation intensive et la pollution généralisée qui caractérisent l'agriculture industrielle aggravent encore la crise de l'eau et les inégalités rurales. Il est donc vital d'adopter d'autres modes de production agricole pour résoudre la crise de l'eau.

Nous appelons à participer au Forum alternatif mondial de l'eau, à Marseille en mars 2012, qui sera le grand rendez-vous des peuples de l'eau pour imaginer un autre monde et un autre avenir. »

* à laquelle ont participé notamment : Vandana Shiva, SiddhNath Upadhyay, Esha Shah, Gabriel Amard, président de l'agglomération des Lacs de l'Essonne, Jacques Cambon, ATTAC France, Claire Chanut du Collectif contre les gaz de schistes, Anne Le Strat, présidente d'Eau de Paris, Maurice Martin, président de l'AREP-CAMY, Jean-Claude Oliva, président de la Coordination Eau Île-de-France, Jacques Perreux, conseiller général et conseiller régional, Joseph Rossignol, vice-président du Conseil général du Val de Marne, Josiane Teissier, Coordination Eau bien commun PACA.



CONTACT: eauidf@hotmail.fr

Coordination eau Ile-de-France
Maison des Associations
19 rue du Monument
94300 Champigny-sur-Marne


L'eau d'Évry en régie dès janvier 2013


http://www.leparisien.fr/essonne-91/evry-l-agglomeration-de-valls-reprend-la-main-sur-l-eau-05-07-2011-1521397.php

Aujourd'hui déléguée à une filiale de la Lyonnaise des eaux, la distribution d'eau dans la Communauté d'agglomération Evry Centre Essonne (CAECE) sera confiée à une régie publique à partir du 1er janvier 2013. Un pavé dans la mare ou plutôt dans le réservoir d'eau. L'agglomération d'Evry (Essonne), présidée par le député maire PS Manuel Valls, reprend la main sur la distribution de l'eau potable.

Le privé continuera à se charger de l'assainissement. «Nous allons améliorer la qualité du service, baisser de 10 % le prix de l'eau et gérer directement la relation avec l'usager», promettait ce mardi Manuel Valls. Actuellement candidat à la primaire socialiste, l'élu reconnaît l'aspect politique de cette décision mais, dit-il, «l'objectif politique rejoint les objectifs économiques et financiers». Approuvée à l'unanimité lors de la conférence des maires de l'agglomération lundi, cette décision fera l'objet d'une délibération en conseil d'agglomération le 26 septembre. La CAECE qui regroupe six communes de droite comme de gauche (Evry, Courcouronnes, Bondoufle, Lisses, Ris-Orangis et Villabé) compte 116 000 habitants. Paris ou encore Grenoble ont déjà fait le choix d'une régie publique pour l'eau. Dans l'Essonne jusque-là, seule l'agglomération des lacs de l'Essonne qui unit Viry-Châtillon et Grigny, avait décidé de passer en régie publique.

http://www.agglo-evry.fr/Commun/Publications/EvryAgglo

http://www.agglo-evry.fr/Les-Missions-de-l-agglomeration/L-environnement/L-eau-et-l-assainissement

Pourquoi ce qui est possible dans l'Agglo d'Évry ne le serait-il pas dans l'Agglo de Cergy ?


mardi 14 juin 2011

Sous l'eau, on trouve toute la politique de Berlusconi et Sarkozy



Confier la gestion d'un service public au privé, c'est bien une privatisation !


C'est un succès historique pour les militants de l'eau du monde entier! Le référendum d'initiative populaire en Italie a obtenu une participation de 57% des inscrits, soit plus que les 50% nécessaires à sa validation : ce n'était pas arrivé depuis 1995 !

Plus de 95% des votants ont refusé la privatisation de l'eau et ils ont été aussi nombreux à refuser que des profits soient réalisés sur l'eau. Les tenants de la privatisation n'avaient pourtant pas manqué de leur expliquer qu'ils se trompaient, qu'en fait, il ne s'agissait pas de privatisation car la propriété des installations serait restée publique... comme en France ! Mais les Italiens n'ont pas été dupes, ils ont bien compris que confier la gestion d'un service public au privé, c'est bien
une privatisation !



A l'heure de la victoire, il ne faut pas oublier les étapes du chemin etla longue obstination de nos amis italiens. Les 1,7 millions de signatures recueillies pour obtenir le référendum. Les centaines de comités dans toute l'Italie regroupant citoyens, associations, salariés et syndicats des services publics, élus locaux, etc. Les deux manifestations monstres à Rome en mars 2010 et en mars 2011. Une dynamique citoyenne s'est construite depuis des années -on se souvient du Forum alternatif mondial de l'eau (FAME) à Florence en 2003- et a su trouver le soutien des forces de gauche comme de l'Eglise catholique, tout en s'affirmant de façon autonome avec le Forum italien des mouvements pour l'eau.

Et si nous suivions le chemin de nos amis italiens ? Et si nous étions capables de nous rassembler, de nous coordonner, citoyens, associations, salariés et syndicats des services publics, élus locaux, etc., pour constituer un grand mouvement pour l'eau en France et dans d'autres pays ? Et si le FAME en 2012 à Marseille cette fois, était le point de départ de ce mouvement ?

Remarquons enfin que la majorité absolue des électeurs italiens (plus 54% des inscrits) s'est prononcée pour la gestion publique de l'eau. Il n'y a pas de forces politiques capables de tels scores depuis bien longtemps en France et dans de nombreux pays européens! Cela donne la mesure de la légitimité politique du combat pour l'eau. Et l'eau a débordé et s'est mutuellement renforcée avec d'autres combats comme le rejet du nucléaire et le rejet de l'impunité de Berlusconi. Face à la désaffection qui frappe les institutions politiques, le combat pour l'eau montre la voie du renouveau citoyen !

Cette formidable maturité citoyenne mérite d'être entendue ! Il faut arrêter de jouer avec la démocratie et de décider à la place des citoyens des grandes questions publiques comme la gestion de l'eau ou le nucléaire. Il faut au contraire rendre la parole aux citoyens : exigeons que plus aucune privatisation, que plus aucune reconduction de délégation de service public, ne puisse se faire sans vote de la population !

Jean-Claude Oliva


dimanche 12 juin 2011

Face à Berlusconi, les Italiens se mouillent !

Gregorio Borgia/AP/SIPA

Dimanche et lundi, les Italiens sont appelés à se prononcer sur trois questions-clés par référendum. Faut-il revenir à l'énergie nucléaire ? Faut-il privatiser la gestion de l'eau ? Faut-il abroger le principe de l'immunité de Silvio Berlusconi ? Une épreuve décisive pour le gouvernement du Cavaliere. Face au black-out de la télé, les associations, les artistes et même l'Eglise se sont mobilisés pour appeler à voter avec des initiatives souvent originales et spectaculaires.

Cette semaine, un impressionnant bouche à oreille et de nombreuses initiatives populaires ont vu le jour dans toute l'Italie. Une mobilisation générale pour appeler les citoyens à participer dimanche et lundi aux deux "référendums abrogatifs" des lois sur la privatisation de l’eau et le retour au nucléaire.

Pas d'affiches, mais des drapeaux

La législation italienne prévoit la possibilité d’organiser, sur demande directe du peuple, un référendum pour abroger une loi.

  • Première condition: la demande doit être présentée par au moins 500 000 électeurs et être ensuite validée par la Cour Constitutionnelle.
  • Seconde condition: pour que le référendum soit effectif, la participation doit dépasser les 50% des inscrits.

Depuis 1995, aucun "référendum abrogatif d’initiative populaire" n’a réussi à surmonter l'un et l'autre de ces deux écueils.

La priorité des Comités qui ont proposé le référendum a été cette semaine de mobiliser: pas d’affiches, mais des drapeaux aux fenêtres, à l'arrière des scooters, autocollants sur les voitures et dans les bus. La campagne référendaire est faite maison. Sur le site du Comité promoteur du référendum, on insiste sur la diffusion interpersonnelle:

"Nous devons convaincre au moins 25 millions d’Italiens d'aller voter. Vu l’obstructionnisme des chaines télévisées il ne nous reste plus qu’à utiliser le bouche à oreille et bien entendu utiliser aussi les réseaux sociaux. Écrivez-le sur vos profils Facebook, partagez-le sur les murs de vos amis, écrivez des mails, envoyez des SMS, passez des coups de téléphone. Nous devons toucher tout le monde, et aussi ceux qui n’utilisent pas internet!"

Mobilisation créative

La mobilisation pour l'eau recrute, elle, jusqu'à l'Eglise catholique. Piazza del Popolo, le rendez-vous était donné aux religieux, prêtres, sœurs


Les artistes n’ont pas manqué à l’appel. Le comité "Artistes pour l’eau bien commun" a organisé de grands concerts à Milan, Turin et vendredi à Rome. Pour l'occasion, les groupes de Mario Asti, Radici nel cemento, Kabilà ont composé des titres inédits sur le thème de l’eau.

D'autres petits groupes se sont également baladés dans les rames du métro, chantant "si ce week end tu veux aller à la mer, va voter avant".

Mais c’est autour des Nasones (littéralement "gros nez"), petites fontaines publiques qui font la fierté des Romains, qu’est venue l’initiative la plus efficace. Le groupe du Comité pour l’eau a organisé les funérailles des distributeurs d'eau gratuite qui coulent jour et nuit dans la ville.

Les fontaines se sont alors mises à parler : "A l’aide" crient certaines, "l’eau est le sang de la terre", "Ta mort m’a asséché le cœur", disent d’autres."Sans toi le monde sera plus aride", lit-on encore sur les pancartes qui entourent les fontaines et leurs couronnes de fleurs mortuaires.

Rendez-vous mardi 13 juin pour vérifier l’efficacité de la mobilisation citoyenne et de ses méthodes toujours plus créatives.

mercredi 11 mai 2011

mardi 10 mai 2011

La gestion de l'eau : priorité politique partout

1 - Qu'est-ce que Eau Secours 34 ?

Eau Secours 34 est un collectif de citoyens de l’Hérault qui se donne pour buts :

  • d’informer les usagers et consommateurs d’eau, en vue de les aider à faire valoir et respecter leur droit à l’accès à l’eau potable et à l’assainissement,
  • de défendre la notion que l’eau, bien vital pour l’humanité, ne saurait devenir une source de profit pour des entreprises privées ou des groupes financiers,
  • d’obtenir en conséquence que la gestion de l’eau et de l’assainissement relève du service public,
  • d’intervenir dans tous les débats publics et études touchant à la gestion des ressources en eau, au niveau local, national et mondial et dans une perspective de protection de l’environnement,
  • de coordonner ses interventions avec tous les acteurs sociaux agissant sur ces thèmes au travers de réseaux plus larges.

Eau Secours 34 est devenu une association loi 1901 en avril 2009 (statuts).

( http://eau34.ouvaton.org/ )


2 - Coutances :



Dans le parc de Coutances : Qui boira l'eau ? Le renard ou la cigogne ?

Le collectif Eau secours fera le tour des habitations coutançaises

Le collectif Eau secours veut mettre en débat la gestion de l’eau. Le jeudi 3 février dernier, le conseil municipal a accepté le principe d’un nouveau contrat avec un opérateur privé, pour 12 ans. Comme moyen d’action, le collectif a décidé de faire du porte à porte, factures d’eau en main. Ses membres pensent pouvoir convaincre les Coutançais en détaillant la part qui revient à l’opérateur privé, celle consacrée à l’assainissement et au réseau.


3 - Orléans


La source, en le jardin public d'Orléans.

Avec le son :
http://www.dailymotion.com/video/xf2t7y_20100929-f3orleans-eausecours_news


Nous allons, citer, désormais, progressivement, tous les organismes, engagés, en France, comme AGLEAU, dans des luttes à long terme, qui ne veulent en rien laisser l'eau devenir une marchandise. AGLEAU.



mardi 3 mai 2011

Les États généraux de l'eau à Bruxelles

Appel à tisser le fil de l'eau

local/files/edito/thumbs/254x360.stylogoutte.jpg
A partir du mois d’avril, et ce pendant plusieurs semaines, Bruxelles sera le théâtre d’une grande réflexion citoyenne sur la place de l’eau dans notre capitale. Les États Généraux de l’Eau à Bruxelles / Staten Generaal van het Water in Brussel, nom officiel de cet événement, se veulent une plateforme de réflexions sur l’eau à la fois comme Bien Commun, comme objet de gestion urbaine et comme lieu de participation citoyenne.

L’idée originelle de lancer ce projet date du début de l’année 2010, pendant la « crise » de la station d’épuration Stepnord, au nord de la capitale belge, qui mit publiquement en évidence les difficultés de l’inclusion de la sphère privée dans le financement de grands projets de gestion publique. Ce conflit structurel entre sphères publique et privée étale au grand jour l’exclusion systématique des citoyens pour ce qui a trait à la gestion des ressources en eau, dont ils paient pourtant les services. L’eau, bien commun de l’humanité, devient progressivement – si ce n’est déjà fait – un bien « économique » comme un autre. Pourtant, par définition, l’eau est un élément essentiel à la vie, irremplaçable et public ! Malgré tout, le citoyen est devenu exclu du processus de gestion, et n’est plus qu’un simple « payeur de service ». Autre élément fondamental dans cette prise de conscience citoyenne, lié au premier, l’eau a progressivement disparu du paysage de la ville par l’industrialisation, la pollution, le voûtement ou l’enfouissement des rivières (le Maelbeek, la Senne…), le développement exponentiel de voiries, l’imperméabilisation des sols amenant l’eau à être évacuée au plus vite vers le réseau d’égouttage…

C’est sur ce double-constat que des membres de la société civile de Bruxelles ont voulu réagir face à cette distanciation progressive de leur pouvoir légitime sur une ressource qui leur (nous) est vitale, dans le but de réconcilier la ville avec l’eau. Portés par un comité de pilotage composé de plusieurs organisations1 ainsi que par un Groupe de Recherche (composé d’architectes, de scientifiques, de représentants de comités de quartier, de conseillers politiques, d’artistes, entre autres), l’objectif est de réfléchir et agir ensemble afin de peser sur les politiques publiques en matière d’eau. Élaboration d’un plan de gestion de l’eau et de propositions politiques, organisation de colloques, de festivals de l’eau et autres animations artistiques et culturelles, rencontres entre citoyens et politiques sont au programme de la préparation des États Généraux de l’Eau à Bruxelles. Au cœur de cette initiative, on retrouve le désir de mettre en pratique le concept de participation citoyenne, ici dans le cadre du développement d’une nouvelle culture de l’eau à Bruxelles.



De nos jours, la participation citoyenne est au centre de nombreux débats politiques et même universitaires. Ces dernières années, la faiblesse croissante de la participation citoyenne évolue, en effet, main dans la main avec un public de plus en plus critique de l’action des gouvernements. A l’image d’un aimant, les deux parties semblent se rejeter : la démocratie représentative est en crise. C’est tout aussi vrai au niveau des États-nations (baisse des taux de participation aux élections, mécontentement des populations) qu’au niveau européen. L’Europe est ainsi souvent pointée du doigt pour son déficit démocratique, ses eurocrates enfermés dans une tour d’argent et ses citoyens au mieux critiques mais trop souvent désintéressés de ce qui se passe à « Bruxelles ».

Toutefois, la participation est la source ultime de la légitimation des décisions politiques et se trouve au cœur du modèle démocratique. Faut-il rappeler que la démocratie repose sur de nombreux principes dont celui de la souveraineté populaire ? Le peuple souverain doit être à la base des décisions que vont par la suite le lier. Il doit donc retrouver sa place au cœur de ce que l’on appelle la sphère publique et participer à la prise de décision concernant le « vivre-ensemble ». Que ce soit les jurys citoyens, les forums politiques en ligne ou les réunions de quartier, de nombreuses initiatives voient actuellement le jour, soutenues et même encouragées par les politiques en mal de légitimité. Le fossé qui sépare le peuple de ses représentants ne peut disparaître que grâce à une réelle participation citoyenne. Il ne faut pas prétendre consulter les citoyens mais le faire vraiment. De la même manière, il ne faut pas critiquer les politiques si nous ne sommes pas prêts à être des citoyens consciencieux, informés et guidés par un réel désir d’améliorer notre quotidien ainsi que celui de nos concitoyens.

Les États Généraux de l’eau à Bruxelles s’inscrivent dans cette démarche. En effet, les enjeux environnementaux, le droit à une vie humaine décente pour tous les membres de la société ainsi que le droit à la vie pour les générations futures, sont qualifiés d’intérêts généralisables. Autrement dit, il est souvent considéré que des citoyens réunis en assemblée dans le but d’atteindre une décision collective auront plus de facilité à le faire si l’enjeu en question va dans le sens de l’intérêt de tous. La protection de l’environnement, en tant que domaine qui nous concerne tous et qui touche directement notre vie quotidienne, devient l’intérêt de tous. L’accès à une eau potable de qualité et à une qualité de vie qui respecte la sacralité de l’eau et de l’autre sont les bases d’une société qui vise le bien commun.

Les citoyens, réunis en assemblée – ou en États généraux comme ici – ont donc la possibilité de reprendre possession de la sphère publique, ce lieu de participation qu’ils vont s’approprier de nombreuses façons. Non seulement au travers de débats et de colloques mais aussi par l’intermédiaire de créations artistiques (festival de films, expositions, etc.), il sera question d’orienter les politiques publiques régionales en matière de gestion de l’eau en faveur d’une réconciliation de l’eau et de la ville. C’est ici que les États Généraux marquent des points. En effet, toutes les formes de discours seront invitées à participer à ce débat. Il sera donc possible, pour une partie de la société très souvent exclue des débats car située en dehors des normes classiques du discours politique, de se faire entendre. En effet, ce n’est pas qu’une discussion formelle qui prendra place mais aussi un appel à « l’Agir créatif » ou à la discussion au travers de l’art, le cinéma et même l’imaginaire collectif en lien avec l’aspect mystique de l’eau.

Ce n’est plus seulement l’ingénieur, l’économiste ou le technocrate qui sera en amont des décisions liées à la gestion de l’eau en région de bruxelloise mais l’ensemble de la population intéressée par le sujet. Ces États Généraux sont donc une chance pour les bruxellois de tous horizons de se rassembler, de discuter et de partager autour de l’eau, source de vie, et de reprendre en main la sphère publique, source de démocratie. Et parce que l’eau s’immisce dans tous les aspects de l’organisation humaine, c’est la redéfinition de notre rapport à la ville et à notre vie que les organisateurs de ces États Généraux nous proposent d’accomplir. Un bien beau projet qui mérite la participation du plus grand nombre…

Ces États généraux commencent par un Colloque d’ouverture qui aura lieu les 6 et 7 mai en la salle Dupréel à l’ULB. Les Etats Généraux de l’Eau à Bruxelles (EGEB) sont une proposition de la société civile soutenue par la Ministre de l’Environnement.




Anaïs Camus & Alexis Carles